Archive de banalités tunisoises
"L'épreuve du dehors", 2008
"Archeology of the Visual 'Contemporaneity'", 2008


Installations
"under standing over views", 2009
"Two Paintings and a Book", 2008
"Give a name to your boat", 2008
—, french version


Approach, french
—, english

Studies
Skins, french, 2007
—, german, 2007




PDF

Give a name to your boat est une œuvre à la fois in situ, ephémère et interactive. L’image y prend forme à partir d’un enregistrement du réel. Il s’agit d’empreintes que j’ai réalisé à partir des murs de Tunis et de Berlin (les deux villes où j’habite) au moyen de la cire, de l’encre de chine noire sur papiers de soie. Les traces reccueillis fonctionnent comme des «peintures-prélèvements» formées par les rayures et les gravures que les gens tracent sous formes de signes, d’écritures ou de dessins qui se mêlent aux graffitis et aux autres formes du street art parmis les écailles que le temps sculpte à la surface des façades. Ce travail se veut historique mais au sens d’une archéologie du contemporain. En reccueillant des images taillées à vif dans la pâte de l’éphémère, les protagonistes de l’œuvre deviennent autant l’artiste que le temps, les passants, les flâneurs, les madames et monsieurs tout le monde, enfin tous ces « artistes » clandestins, anonymes.
Si j’ai choisie de travailler exclusivement avec du papier, ce materiau léger et facile à transporter, c’est pour souligner l’idée du voyage, qui sert mon concept de prélèvement/déplacement. Je ramène en effet l’œuvre dans mes valises. Give a name to your boat, propose une appropriation de l’espace par la paroi où la possibilité de l’autre côté du mur implique une topologie de l’accessible et de l’inaccessible telle qu’elle contredit l’étencheité du mur et la rigidité de la frontière. Le bateau, en revanche, est devenu, grâce à des générations d’enfants qui ont construit des petits bateaux en papiers, un archétype. La face exterieure de ce petit bateau en papier représente un mur, symbole de la frontière et de la limite qu’elle soit materielle ou immaterielle d’ailleurs. Pendant ses déplacements autour des « murs », le spectateur est amené à laisser un bateau (un rêve, une frontière, etc.) pour en prendre un autre et continuer son parcours.
Construire le petit bateau en papier n’est toutefois pas évident. Afin d’y parvenir, il faut respecter les diverses étapes indiquées. C’est à travers une forme ludique que ce travail évoque la compléxité des démarches bureaucratiques et des schémas rigides que tout un chacun doit suivre pour comme on dit « faire ses papier » et se déplacer. Enfin, le petit bateau, ce jeu d’enfant, aussi leger et fragile qu’il puisse paraître, ne manque pourtant pas de rappeler, dans le contexte géopolitique d’aujourd’hui entre les deux rives de la méditerrané, les tristes événements concernant les immigrés clandestins noyés ou renvoyés.
La notion de la limite demeure, dans ce travail, inséparable de celle de l’ouverture et de l’idée du passage et du déplacement tout en rappelant discrètement et en toute subtilité deux versions de la traversée, cette toute vielle tradition de l’Homme.

up